Texte d’orientation 2019-2021

Nature de ce texte

L’Apicad, en accord avec ses buts, se propose, par la voix de son conseil d’administration, d’orienter pour les trois années à venir par ce texte ses actions financées et ses activités bénévoles, et de suggérer à ses adhérents les pistes qui suivent, et la prise en compte autant que possible de quelques principes. Ce texte, amendé et approuvé par le conseil d’administration, pourra donc nous servir de référence publique de 2019 à 2021.

Connaitre l’Apicad

Il est souhaitable que chaque adhérent ait en tête comment est née l’Apicad. L’idée de la création d’une organisation suppléant les manques des projets européens et des institutions universitaires a surgi en 2006 devant les problèmes de maintenance du site Galanet (site issu du projet Galanet, 2001-2004), et de son utilisation après la fin du projet. Cette idée n’a été concrétisée qu’en 2014, grâce à sa planification comme lot de travail du projet Miriadi (2012-2015, 19 partenaires subventionnés, autant de partenaires associés). La seule structure juridique (ou «  modèle économique ») proposée était celle d’une association loi de 1901, donc une ONG internationale de droit français. L’activité de l’organisation a commencée après le projet Miriadi, c’est-à-dire en janvier 2016. Elle consiste à maintenir des sites internet consacrés à l’intercompréhension, à animer un réseau, à organiser des formations en intercompréhension, à travailler avec de nouvelles langues et de nouveaux publics, à militer en faveur de l’intercompréhension dans l’éducation et la formation. Elle est déjà un soutien remarquable pour un groupe important de chercheurs, et fournit un matériel appréciable à un bon nombre d’enseignants.

Amplifier l’importance de l’Apicad

Au 1er janvier 2019, les chiffres donnant une idée de notre audience sont les suivants :

Nombre d’adhérents de l’association : 55

Nombre de membres du réseau Miriadi : 180

Nombre de pays représentés dans le réseau : 18

Nombre d’inscrits sur le site : 1463

Nombre d’abonnés à la lettre d'information : 342

Un réseau ne peut montrer un vrai dynamisme qu’à partir d’un millier de membres. Nous ne pouvons prétendre à être reconnu d’utilité publique que lorsque nous compterons 200 adhérents. De même l’activité du site peut admettre des dizaines de milliers d’inscriptions, moyennant une maintenance appropriée. Pour la période 2019-1021, nous nous proposons de doubler tous ces nombres, ce qui est modeste et paraît tout à fait atteignable. Un plan d’action sera conçu et appliqué dans ce but.

Appliquer notre méthode de développement informatique

Le projet Miriadi prévoyait un développement informatique reposant sur 5 développeurs dans 4 pays et appliquant la méthode agile. Or, nous n’avons réussi à travailler qu’avec un seul partenaire pour le développement et donc un seul pays. Cependant, nous appliquons une méthode rigoureuse, mais dont les effets sont proportionnels à nos moyens humains et financiers. On pourrait donc attendre bien davantage en matière de maintenance des sites, d’évolution du site, et d’amélioration du site Miriadi. C’est pourquoi nous souhaitons dans cette période de trois ans porter à trois le nombre de développeurs et de pays impliqués dans ces travaux. Cette évolution nécessitera d’élargir le groupe d’utilisateurs qui dialoguent avec les développeurs, et de former chacun d’entre eux.

Porter certaines valeurs

L’association est une association ouverte, qui admet toute personne nouvelle, et rend publics ses débats, ses projets et ses documents. Son fonctionnement est collectif.

Elle observe un non-prosélytisme religieux, et une expression apolitique.

Sa principale énergie est le militantisme. Elle réunit des personnes autour de la défense du plurilinguisme, et particulièrement de l’intercompréhension. Elle se réclame des « approches plurielles ». Elle affirme une égale dignité pour toutes les langues.

Dans le monde de l’informatique, elle se positionne résolument du côté du logiciel libre.

Elle prône le partage. Le non-partage retarde les progrès du plurilinguisme.

Lors de leurs interventions publiques, nos adhérents ainsi que les membres du réseau seront invités à défendre ces valeurs.

Pratiquer le partage et créer des contenus

Notre site Miriadi est peu fréquenté parce qu’encore trop pauvre en contenus liés à l’intercompréhension. Les quelques contenus qui y figurent sont rarement traduits dans les autres langues du site. Il nous importe donc de concevoir et de mettre en œuvre un plan d’actions pour la création, le partage et la traduction de contenus avec des objectifs à la fin de 2021. Ces contenus peuvent être : des activités (BAI), des articles et autres textes, des vidéos, des documents audio, etc.

Multiplier les formations

Nous sommes un organisme de formation qui propose des formations très diverses : formation des utilisateurs du site, quel que soit leur statut, et formation de divers publics à l’intercompréhension. Or, actuellement, seule la formation continue est formalisée et paradoxalement elle n’a pas encore été mise en pratique. Il nous faut donc non seulement mettre en pratique la formation continue en passant une convention avec des organismes qui travaillent à l’international, mais aussi formaliser les autres formations. Cela revient à établir un programme et à définir les compétences des formateurs, puis à former ces formateurs.

Pour assurer un véritable développement de notre activité, il nous faut par exemple des modérateurs, des animateurs d’ateliers présentiels, des rédacteurs d’informations, des créateurs de contenus, des traducteurs. Les actuels responsables de sessions par exemple pourraient former de nouveaux responsables de session en construisant des ressources référentielles allant dans ce sens.

Nous devons ensuite convaincre les équipes locales d’organiser, où que ce soit dans le monde, des ateliers ponctuels de formation à l’utilisation du site, dont certains outils ou fonctionnalités sont souvent mal utilisés ou ignorés. Il y a eu très peu d’ateliers de ce genre depuis 2016, or chacun d’eux a constitué une avancée pour nos actions avec l’élargissement du réseau, la création d’équipes locales, et la correction de défauts du site.

Citer les précurseurs

L’action d’une organisation, qui s’inscrit dans un mouvement dont on elle connaît l’histoire, et qui connaît notamment ses prédécesseurs, a davantage de sens et de force de persuasion, en dehors du fait qu’il est juste de rendre hommage à des personnalités à qui nous devons une grande partie de ce que nous disons aujourd’hui. Sans exclusive, nous invitons nos adhérents à connaître les personnalités suivantes et à les citer dans leurs interventions publiques :

Louise Dabène

Eric Hawkins

Claire Blanche-Benveniste

Jørgen Schmitt Jensen

Horst Klein

Former et renouveler les cadres associatifs

La pérennité d’une organisation repose sur la répartition des tâches et des responsabilités sur des personnes formées dans une culture d’organisation. Dans les trois ans à venir, nous souhaitons porter le nombre de membres du conseil d’administration à 30 personnes et proposer à tous une formation à la gestion de la vie associative qui nous soit adaptée. Les associations «  loi de 1901 » ont un fonctionnement simple et formel, mais adaptable, qui demande dans notre cas d’organisation internationale un certain effort d’interculturalité, la prise en compte de situations locales, et le fait que la plupart de nos membres n’ont pas d’expériences semblables ou transférables venant d’autres organisations.

C’est pourquoi il nous importe de former et de renouveler nos cadres associatifs en visant une évolution de l’organisation, ce qui sera l’objet d’un autre plan d’action.

Structurer notre organisation par pays

Trois ans de fonctionnement nous ont confirmé que notre structure est trop centralisée et qu’il faut la décliner au niveau d’autres pays, lesquels pourraient avoir une organisation propre, affiliée à l’Apicad, mais avec un fonctionnement et des financements adaptés aux conditions locales, en bref avec son «  modèle économique ». Pour la période, nous nous proposons de faire l’expérience de cette extension dans deux pays, dont l’un pourrait être la Roumanie.

Diversifier les financements

Nos financements sont fragiles s’ils ne sont pas diversifiés, c’est-à-dire provenant de sources variées. La DGLFLF, notre première et plus stable source de financement, fait d’ailleurs une condition de cette diversification pour continuer à nous financer. Il faut donc faire porter la recherche de financements sur un plus grand nombre de personnes et la considérer comme une tâche bénévole de tout membre du conseil d’administration.

Cultiver le partenariat

Nous ne sommes en compétition avec aucune organisation qui poursuivrait des buts communs aux nôtres. C’est pourquoi nous nous sommes déjà rapprochés d’associations telles que l’OEP, l’UPLEGESS, l’APIC, Mondes Parallèles, la DLF, etc. et entendons poursuivre avec elles des partenariats qui nous renforcent mutuellement. Nous avons dans cet esprit vocation à travailler avec toute organisation qui a avec l’Apicad un but commun, et chaque membre de conseil d’administration est habilité à tisser des liens nouveaux au nom de l’Apicad.

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